C'est fini pour cette année à Guercheville
Un magnifique festival
C'est fini pour cette année. On eût pourtant aimé qu'il se prolonge un week-end supplémentaire, le très bon festival de Guercheville. D'autant qu'il est encore monté d'un cran dans la qualité, qui n'est pas peu dire suite aux très beaux spectacles qui avaient déjà ravi l'assistance la semaine précédente. Mais, si toutes les bonnes choses ont une fin, il fallait bien que celle-ci se termine également, et elle le fit en beauté.
Au chapitre de la continuité, on put profiter de l'exposition de Dominique Perréard dans le pigeonnier. Ses masques carnavalesques, ses bas reliefs aux visages entremêlés, ses sculptures si vivantes qu'elles poussent parfois au mouvement ceux qui les regardent, ont une nouvelle fois conquis le public. Le livre d'or à l'issue de ces deux semaines est largement noirci, de compliments le plus souvent, mais aussi de petits textes improvisés, de poèmes, preuves que ses créations ne laissent personne indifférent. L´artiste se délecte notamment des nombreux commentaires d'enfants, très sensibles aux mouvements, aux couleurs, à l'humour, à la vitalité en somme, dégagés par son exposition. Le théâtre du Pré Vert, à domicile si l'on peut dire, à remis le couvert pour une deuxième représentation de son spectacle visuel et burlesque, "Fil et laine", couronné une fois encore de succès, à en juger par les rires généreux, et le tonnerre d'applaudissements en fin de spectacle.
En ce qui concerne les nouveautés de ce second week-end, un petit bijou nous fut offert par "La valise Compagnie" avec son spectacle de manipulation, "L´inconsolé". Une bulle de poésie qui captiva les petits et replongea les adultes dans la fascination que distillent les plus beaux contes de notre enfance. Avec une simple valise dont chaque double fond cache un nouveau décor, la marionnette d'un roi héros de l'histoire,et la "voix off" de Samuel Ritz au timbre si chaleureux, Fabien Bondil et Natacha Diet, les deux manipulateurs, ont su recréer cette magie. Ce voyage initiatique d'un roi à la recherche de l'amour disparu qui lui donna son premier baiser, est un vrai moment de bonheur, une parabole plus riche qu'i1 n'y parait comme seul savent les imaginer les vrais poètes, tel Joel Jouanneau, l'auteur du conte.
Bouquet final de la quinzaine, avant les vrais feux de la St Jean, 1'"Opéra des champs" de la compagnie "Les Epis noirs". Le beau temps ayant été au rendez-vous, 200 personnes ont pu assister dans la parc à ce spectacle débordant d'énergie. Aucun répit pendant plus d'une heure, les acteurs sont survoltés et entraînent les spectateurs dans un univers de douce folie. Un spectacle qui derrière ses pantomimes délirantes cache un humour corrosif et subversif, très vivifiant en ces temps "politiquement correct".
Eric Saussey, organisateur du festival et par ailleurs cantonnier du village, peut se vanter même si ce n'est pas son genre d'avoir monté un véritable festival, riche et varié, truffé de surprises. Sa petite taille - rapport à ceux d´Aurillac et de Châlon n'enlève en rien à son inventivité, bien au contraire participe à son charme et à son identité de lieu conviviale et chaleureux, où chaque spectateur se trouve en prise direct avec le spectacle. Alors, rendez-vous l'année prochaine pour la cinquième édition !
La république de Seine et Marne

|